La faune
C'est ce que l'on appelle avoir les yeux plus gros que le ventre !!!
Naissances de petites araignées mai 2008
Homme et araignée

En voilà
une idée farfelue ! Comment est-il possible que l’araignée, ce
monstre obscur et répugnant, soit une amie pour l’homme !!?? Nous
savions que les chiens, chats, dauphins et autres chevaux étaient
les fidèles compagnons de l’espèce humaine, mais... les araignées !
Pourtant, il y a beaucoup à attendre des araignées, sans doute bien
plus que du chien-chien à sa mémère...
I. L’araignée, espèce hostile ou favorable à l’homme ?
A première vue,
aucun point commun ne semble rapprocher l’homme de l’araignée. Et
bien loin de se réconcilier avec cet animal extraordinaire, l’homme
va au contraire lui attribuer tous les méfaits possibles et
imaginables au cours de l’histoire. On chasse et on traque
l’araignée par tous les moyens, mécaniques ou chimiques. On a raison
d’ailleurs, c’est elle qui vient la nuit dans nos chambres pour
sucer le sang façon « vampire ». Elle est capable de bonds de
plusieurs mètres pour nous sauter à la gorge ! Ne riez pas, j’ai
mieux : il paraît même que certaines araignées sont aussi grosses
que des lapins... Eh bien NON, tout cela est faux. La réalité est
bien loin de l’imaginaire collectif qui, au fil des siècles, a
contribué à forger la mauvaise réputation tenace des araignées. Ces
dernières étant habituées à être les amies et complices fidèles des
plus abominables sorcières qui hantent nos pires cauchemars !
Qui n’a jamais
vu ces toiles grises et poussiéreuses dans les caves et les
greniers ? Peu engageant, n’est-ce pas ? Les araignées sont
décidément dégoûtantes, elles se complaisent dans la crasse ! Eh
bien non, une toile délabrée, salie, est justement la preuve de
l’absence de sa locataire, car l’araignée entretient quotidiennement
son repère et ne laisserait jamais sa toile se délabrer sans réagir.
A ce jour, il
n’y a aucune raison pour craindre les araignées. Elles sont sans
conteste utiles et indispensables au maintien de l’équilibre
écologique entre les espèces vivantes. Imaginer une seule seconde la
Terre dépeuplée de toutes les araignées serait le pire scénario.
II.
Réhabiliter les araignées, pour quoi faire ?

Aujourd’hui
la situation des araignées est critique. Entre l’utilisation inconsidérée de pesticides dans les jardins de l’hémisphère Nord, et
la déforestation aveugle dans l’hémisphère Sud, les araignées sont
bien maltraitées, alors qu’elles
ne font de mal qu’à une
mouche.
Sachez qu’en
France, une centaine d’araignées environ vivent sur un mètre carré
de nos prairies. Elles permettent l’élimination d’une tonne
d’insectes par an et par hectare. Sans elles, il faudrait déverser
des insecticides chimiques en quantité telle que notre planète
serait rapidement intoxiquée, et nous avec. Les araignées
participent, à leur échelle, au maintien d’un équilibre
indispensable entre les espèces, en limitant par leur action la
prolifération de nombreux nuisibles. Mais les araignées, formidables
prédateurs nocturnes, continuent d’effrayer alors qu’en vérité il
n’existe aucune espèce dangereuse pour l’homme en France. En
revanche, des insectes qui ont pourtant une bien meilleure
réputation peuvent tuer dans nos régions. Les guêpes, par exemple,
provoquent la mort d’une cinquantaine de personnes par an en
métropole.
Les
scientifiques quant à eux trouvent quotidiennement de nouvelles
applications étonnantes en observant simplement les araignées.
Certains fils qui composent leur toile sont plus résistants que le
Kevlar, mais aussi plus solide et plus élastique qu’un fil d’acier
de même poids. Si on fabriquait avec du fil d’araignée un câble de
la grosseur du pouce, on pourrait soulever une dizaine d’autobus. Un
tissu en fil d’araignée pourrait résister à une balle de fusil. Ces
études trouveraient leur intérêt dans la fabrication de gilets par
balle à partir de soie d’araignée. Il ne s’agit pas ici d’une
application révolutionnaire car le commerce du textile utilise
depuis longtemps la soie pour la confection d’étoffes.

Les
médecins ne sont pas en reste. A l’université de Berne, le venin de
certaines mygales est extrait pour la fabrication de médicaments
stimulants cardiaques, et pouvant soigner des maladies nerveuses.
Enfin, l’araignée a permis à l’industrie cinématographique
hollywoodienne de s’enrichir par des longs métrages spectaculaires !
Pas forcément de bon goût, mais immanquablement spectaculaires. Cela
vaut bien la peine de préserver et protéger nos amies à huit pattes,
non ?


