Le coquelicot et le bleuet de la mémoire
Sur un talus, avant
l’avènement des herbicides, le bleuet se joignait au coquelicot pour
moucheter les champs de blé. Eradiqué, il s’est réfugié sur les
talus routiers et dans les friches. Sa corolle bleue attire les
insectes jusqu’au temps des moissons.
Le bleuet des moissons, fleur des poètes
Il est la fleur des poètes, auxquels la couleur bleue est
généralement associée : le bleuet, comme tant d’autres, n’a du sa
survie qu’à l’extension des méthodes de fauchages tardifs au bord
des routes et chemins de campagne.
C’est en l’honneur du centaure Chiron, éducateur d’Achille et féru
de médecine qui soigna son bouillant élève avec une plante de ce
type, que la grande famille des bleuets doit son nom générique : «
centaurea ». Les archéologues, pour leur part, ne furent pas un peu
surpris lorsqu' ouvrant les ors du sarcophage de Toutankhamon, ils y
découvrirent une couronne de bleuets encore intacts. Le langage des
fleurs, pour sa part, l’associe à la délicatesse et à la pureté des
sentiments.
Il s'agit d'une plante originaire du Proche-Orient (d'autres sources
mentionnent l'Europe), qui pousse abondamment dans les jardins et
qui s'est répandue dans
On utilise les fleurs, les graines et les feuilles. Les vertus
médicinales de la centaurée bleue furent mentionnées pour la
première fois au XIIe siècle par sainte Hildegarde de Bingen.
L'herboriste Pierandrea Mattioli (1501-1577) recommanda la plante en
s'appuyant sur la doctrine des signatures, selon laquelle
l'apparence extérieure d'une plante indiquait ses applications
thérapeutiques. La couleur bleue de la fleur symbolisait les yeux
sains : la plante servit donc de remède contre les affections
oculaires. En France, la centaurée bleue est appelée pour cette
raison "casse-lunette".
D'autres sources (Lanzara, 1978) mentionnent que le nom de cette
plante aurait été attribué parce qu'elle serait censée avoir guéri
la blessure que le sage centaure Chiron, maitre d'Achille, se serait
fait au pied. Quoi qu'il en soit, la centaurée bleue n'a pas un rôle
important parmi les plantes médicinales, et en particulier, son
action cicatrisante est peu évidente. La médecine populaire a
reconnu sa faculté de soigner les yeux (mais son efficacité est
évidemment contestée pour les raisons susmentionnées), en infusion,
mais c'est aussi un diurétique, un cholagogue léger et un
expectorant.
Les pétales possèdent une action fortifiante, amère et stimulante :
ils facilitent la digestion, renforcent l'activité du foie et la
résistance à l'infection. Les graines servent de laxatif léger chez
l'enfant. Les feuilles, en décoction, soulagent les douleurs
rhumatismales. Elle serait également anti-inflammatoire.
Partie utilisée : les fleurs. Action : légèrement astringent et anti-inflammatoire ; serait également diurétique. Utilisation : en usage externe surtout en ophtalmologie ; en interne pour augmenter la diurèse (en infusion par exemple) ; rentre dans la composition de tisanes (vendues comme spécialités). En parapharmacie : préventif de l’inflammation oculaire (!!!) ou rectificatif de la nuance des cheveux blancs (shampooings). En Angleterre, on se sert des pigments des fleurs pour colorer l'encre, les peintures et même les préparations médicinales.
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Aujourd'hui, on considère donc le
bleuet comme collyre (sans preuve donc, mais plutôt en
raison d'un usage traditionnel) et comme colorant léger en
mélanges de tisane et... shampooings. En
décoction pour raffermir la peau (peau grasse), elle
resserrer les pores. |
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L’origine du bleuet
comme fleur de mémoire des soldats et victimes tués trouve son
origine directement dans la guerre de 1914-1918. En effet avec le
coquelicot, ces deux fleurs persistaient à pousser dans la terre
ravagée des tranchées de |
Les poilus français ont
choisi le bleuet comme symbole de leur guerre. Spontanément, les
soldats vétérans de la mobilisation en uniforme bleu et rouge ont
nommé « bleuets » les jeunes recrues qui arrivaient au front courant
1915, vêtues du nouvel uniforme bleu horizon de l’armée française.
« Les voici les p’tits « Bleuets »,
Les Bleuets couleur des cieux
Ils vont jolis, gais et coquets,
Car ils n’ont pas froid aux yeux.
En avant partez joyeux ;
Partez, amis, au revoir !
Salut à vous, les petits « bleus »,
Petits « bleuets », vous notre espoir ! »
ALPHONSE BOURGOIN
« BLEUETS DE FRANCE »,
CHANSONS ET POÈMES DE GUERRE, 1916.
Comme le coquelicot britannique, c’est après guerre que le bleuet
fut utilisé comme fleur du souvenir en faveur des mutilés de la
guerre.
Deux femmes sont à l’origine du bleuet de France ; Charlotte
Maleterre et Suzanne Lenhardt (infirmière et veuve de guerre).
Toutes les deux travaillaient à l’Hôtel des Invalides de Paris et
face à l’afflux des invalides dans toutes les structures
hospitalières de Paris, elles prennent l’initiative de créer un
atelier de confection de fleurs en tissu réalisées par les invalides
eux-mêmes. La vente de cette production permet aux mutilés de
disposer d’un revenu de substitution.


Un mutilé de guerre
vend des bleuets le 14 juillet 1919 sur les Champs Elysées.
En 1934, le
gouvernement français légalise la vente publique des bleuets sous le
patronage de l’office national des anciens combattants et mutilés de
guerre. Le 11 novembre 1939, en raison des circonstances de la
guerre, le Bleuet de France et le Poppy britannique sont vendus en
bouquets jumelés, symbole de l’alliance des deux nations.

Depuis 1957, la petite fleur est proposée sous la forme d’un autocollant mis en vente dans toutes les communes de France les 8 mai et 11 novembre.
Les fonds récoltés
sont destinés aux œuvres sociales en faveur des anciens combattants,
veuves et orphelins de guerre et depuis peu hélas, aux victimes des
attentats : aide au logement, appareillages, maisons de retraite … A
noter qu’une partie des fonds est destinée aux projets pédagogiques
des écoles portant sur un travail de mémoire.
http://www.defense.gouv.fr/onac/enjeux_defense/oeuvre_nationale_du_bleuet_de_france
Le coquelicot
Le coquelicot est une fleur de la famille des papavéracées, aux
feuilles alternes très découpées, qui frissonne, solitaire, au bout
d'une longue tige flexible.
D'un beau rouge vif, elle
comporte 4 pétales qui prennent, avant de s'épanouir, un aspect
chiffonné. Le fruit du coquelicot est une capsule.
Le coquelicot est
une »mauvaise herbe »
des champs de céréales : on le détruit en alternant les
cultures. Dans les jardins, il donne naissance à une grande variété
de fleurs très décoratives. Rouge
comme un coquelicot :
rougir intensément sous le coup d'une forte émotion.
Le coquelicot est un pavot des
champs, sans aucun pouvoir toxique. Son nom, onomatopée du chant du coq,
s'explique par le fait que la fleur rouge
du coquelicot rappelle la crête de cet animal.
Pourquoi le coquelicot a-t-il été choisi comme symbole du Souvenir de nos morts?
Le coquelicot est un symbole international à la mémoire de ceux qui
sont morts à la guerre. Son origine est
aussi internationale.
Un écrivain fut le premier à établir un rapport entre le coquelicot
et les champs de batailles durant les guerres napoléoniennes au
début du 19e siècle. Il remarqua que les champs qui étaient nus
avant le combat se couvraient de fleurs rouge-sang après la
bataille.

Avant
En 1915, le lieutenant colonel John Mc Crae, un médecin militaire
canadien, écrit un célèbre poème intitulé « In Flanders Fields » («
Dans les champs des Flandres ») à la suite de la mort de son ami tué
par un obus allemand à Ypres, enterré dans une tombe de fortune
marquée d'une simple croix de bois, où les coquelicots sauvages
poussent entre les rangées.
Depuis, pour les britanniques, le « Poppy » (coquelicot) symbolise
le Sacrifice et le Souvenir de
Trois ans plus tard une américaine, Moina Michael, qui travaillait
dans une cantine de

Les références au coquelicot aux première et dernière strophes du
poème de la guerre le plus lu et le plus souvent cité ont contribué
à donner à la fleur le statut d'emblème du souvenir et de symbole
d'une croissance nouvelle parmi la dévastation laissée par
On reconnaît le coquelicot comme le symbole du souvenir à la mémoire
des soldats du Canada, des pays du Commonwealth britannique et des
États-Unis qui sont morts à la guerre.
La guerre 14-18 la couleur des larmes
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Texte original anglais
In
We are the dead. Short days ago,
Take up our quarrel with the foe:
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Texte français
Les cimetières flamands
Sous les rouges coquelicots des
cimetières flamands, Qui parmi les rangées de croix bougent
dans le vent, Nous sommes enterrés. Et dans le bleu des
cieux, Les alouettes encore lancent leur cri
courageux Que plus personne n'entend sous le bruit
des canons. Nous sommes morts : il y a à peine
quelques jours, Nous connaissions les joies de la vie, de
l'amour, La fraicheur de l'aurore, les lueurs du
ponant. Maintenant nos corps sans vie reposent en
sol flamand. Nos mains inanimées vous tendent le
flambeau : C'est à vous, à présent, de le tenir bien
haut, De contre l'ennemi reprendre la querelle. Si vous ne partagez des morts la foi
rebelle, Nos corps ne pourront pas dormir
paisiblement Sous les rouges coquelicots des
cimetières flamands.
J.P. van Noppen Une traduction du poème "In Flanders Fields" de Lt.-Col. John McCrae |

