Le quartier de l'Hoflandt : une zone humide
©Pierre Tankeré Vue aérienne du quartier de l'Hoflandt
2010, année de protection des zones humides; celle de l'Hoflandt cessera-t-elle d'être à l'abandon et envahie de la renouée du Japon
ou encore servir de dépotoir ?
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Témoin de la biodiversité de la zone humide du quartier de l'Hoflandt, ce rapace qui a atterri dans notre cour, à 2 m de distance de nous, et a plaqué au sol une tourterelle turque aussi grosse que lui. |
Dix secondes plus tard, les serres du rapace entourant la gorge de la tourterelle, la faisaient passer de vie à trépas. Le festin pouvait commencer. |
Le faucon crécerelle et l'épervier d'Europe se ressemblent. Les différencier n'est pas toujours facile. Quelques repères : le dessus est roux chez le faucon crécerelle, brun ou gris chez l'épervier; l'œil du faucon est noir, l'iris de l'épervier est jaune; le faucon crécerelle est moucheté en-dessous tandis que l'épervier adulte est barré. Le faucon a une technique de chasse bien connue : il effectue un vol sur place, entre 10 et 40 m de haut (appelé «vol en Saint Esprit»), puis fonce sur sa proie en piqué. D'autres fois, il chasse à l’affût, perché sur un piquet. l'épervier vole furtivement et ne reste jamais sur place.
Un Refuge pour la Protection des Oiseaux est bien utile par ce temps froid !
Le quartier de l'Hoflandt
Il s'étend de la rue de la Gare à la rue du Pont Belge, en passant par la rue du Château de l'Hoflandt jusqu'à la Creule. Il rassemble un monument historique, la motte de l'Hoflandt, un étang de pêche, le Zween Pleck, un local des joueurs de pétanque, des entreprises, des champs cultivés et des habitations. Pas facile de faire cohabiter des éléments aussi différents mais néanmoins complémentaires !
Les membres de l'association, conscients de leur chance de résider à proximité d'une nature encore préservée et dans un cadre verdoyant, mais également conscients des enjeux que représente la préservation de la biodiversité, tentent depuis des années de limiter les atteintes à leur cadre de vie et à leur environnement.
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| Ancienne décharge communale en 1985 | Une zone humide, ce n'est pas une éponge ? |
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| Zone humide cet été et aujourd'hui | La renouée du Japon gagne toujours du terrain |
L'étang du Zween Pleck, entouré d'arbres majestueux (malheureusement régulièrement coupés comme bois de chauffage), constitue le point d'orgue de cette zone. Il est pour le moment la seule zone de loisir avec la pétanque proche.

Au-delà du dépôt de chemin de fer, de part et d'autre de la ligne de Lille via Strazeele, le sol était humide. Par manque d'écoulement, à cause des fréquentes inondations de la Borre Becque, ce quartier était une suite de mares d'eau stagnante qui rendait difficile l'accès de la ferme forte de l'Hoflandt. On pouvait nager en plus d'un endroit car l'eau n'était pas pollué.

Le Zween Pleck, autrefois...
Le début du siècle vit apparaître de nombreuses manifestations. On organisa même au Zween Pleck, transformé pour la circonstance en aérodrome, un meeting d'aviation où se produisirent 2 hardis pilotes les 20 et 21 juillet 1913.
Beaucoup d'Hazebrouckois, des commerçants surtout, aménagèrent confortablement ce petit étang très poissonneux, avec des allées, des pontons, de petits pavillons où l'on venait passer la journée du dimanche.
Tout autour, la zone humide le long de la voie ferrée jusqu'à la
gare, avec la présence notable de deux mares, est très intéressante
d'un point de vue floristique et faunistique, surtout depuis que
certains agriculteurs laissent certains champs en jachère et
n'emploie plus de pesticides.
On y observe des plantes de zone humide tels que des iris, des
renoncules aquatiques, du cresson de fontaine, la grande consoude,
la reine des prés, le carex, le plantain d'eau, des massettes...,
des haies typiquement flamandes (prunelliers, aubépines, ronces), de
vieux arbres, âgés pour certains de plus de 50 ans (nichoirs pour
les rapaces), des oiseaux : rapaces, hérons, martins pêcheurs,
pics-verts, oiseaux des jardins... des amphibiens : grenouilles,
crapauds, tritons, salamandres... et même des renards...

La mare de l'Hoflandt est située dans une petite pâture,
complètement à l'abandon depuis des lustres.
Le petit champ qui borde ce pré était en jachère depuis des années.
Le cultivateur était indemnisé par le trop fameux PAC pour ne rien
faire pousser dans ce champ. Les plantes sauvages étaient revenues
nombreuses et l'on avait même répertorié l'achillée sternutatoire,
espèce protégée. Les insectes revenaient, les oiseaux, les
batraciens également.
La Politique Agricole Commune a évolué à cause de l'intérêt soudain
pour les biocarburants qui, pourtant, ne sont pas bio du tout.
L'Allemagne vient d'ailleurs d'y renoncer officiellement et pour
produire un litre de biocarburant, il faut pratiquement, un litre de
fuel provenant d'énergie fossile, sans compter l'emploi de
pesticides, semences et autres gracieusetés.
Et tout ça pour dire que le fameux champ en jachère a été retourné
immédiatement et le blé y pousse.
Quel dommage pour cette zone humide ! Au lieu de vouloir en créer de
nouvelles, il faudrait mieux préserver les rares qui subsistent
encore et les entretenir, par exemple, curer la mare en plusieurs
fois, couper les branches des saules têtards qui ont près de cent
ans et qui sont les nichoirs naturels de nombreux rapaces que l'on
peut voir évoluer, surtout le faucon crécerelle qui faisait
l'hélicoptère au-dessus du champ en jachère et qui plongeait d'un
seul coup vers le mulot ou le rat des champs qui avait mis le nez
dehors.
On parle de trame verte et bleue, d'écosystème et de biodiversité;
espérons que l'on ne s'attaquera pas au sujet le jour où il sera
trop tard.
Que d'espèces animales et végétales perdues en quelques années et
cela s'accélère. Si rien ne change d'ici le milieu du siècle, 40%
des espèces auront disparu.
Le plus grand prédateur sur terre, c'est l'HOMME.
Pierre

Le fossé qui l’encercle sur 10 mètres de large a été partiellement comblé. Au Nord, une basse-cour de 60 mètres de côté, sensiblement de même niveau que celui de la pâture, est entourée d’un fossé à sec d’une trentaine de mètres de large à l’ouest et d’une quinzaine à l’Est, profond de 1 à 2 mètres.
Sur une des cartes figuratives d’un terrier établi pour toute la commune de 1785 à 1804, la motte et la basse-cour supportaient chacune une construction : l’une en forme de L, l’autre en U.
Actuellement, les restes de fondations qui apparaissent au S-E de la basse-cour sont ceux de dépendances de la ferme reconstruite au siècle dernier. Références historiques : XI° siècle.
– La seigneurie de l’Hoflande appartint dès son origine à des membres de la famille des van Hazebrouck. On en rencontre dès la fin du XI° siècle comme témoins et signataires dans des chroniques, chartres et autres actes. A. Vanhove, A.C.F.F., tome XXXIX (1932), p.181. 1302 – 1303. – « item dou dit Gilou de bilike ou tans kil fu, baillius des rentes dou Hoflant de Hazebruech ». K. de Flou, Woordenboek der toponymie, tome 6.
.31383. – Jacquemart de Hazebrouec fait hommage à la dame de Cassel,
du fief de la Hovelande et appartenances. A. Vanhove, A.C.F.F., tome
XXXIX (1932), p.181.
1436 (juin). – « L’armée du comte de Flandre, Philippe le Bon, se
mit en marche. Elle prit sa route par Deinze, Courtrai, Armentières
et avant d’arriver à
Hazebrouck, elle passa près du château de l’Hofland, demeure de
Thierry van Hazebroec. La vue de ce manoir rappela aux soldats la
fuite honteuse de ce seigneur devant l’ennemi (un mois plus tôt face
aux Anglais à Looberghe). Ils saccagèrent son château. Ch. Taverne
de Tersud, Hazebrouck depuis son origine jusqu’à nos jours (1890),
p. 68.
XVII° siècle. – La seigneurie de Hofland passe dans la famille de
Langhe par le mariage de Jacquemine van Hazebrouck avec Jacob de
Langhe. A. Vanhove, A.C.F.F., tome XXXIX (1932), p.182.
1785 (14 sept.). – D’après un terrier de M. Desschodt, arpenteur
juré à Terdeghem, le domaine féodal de l’Hofland avait, en y
comprenant le château, le parc, les fossés et viviers, les bâtiments
de la ferme, la ceinture d’arbres qui l’entourait, une contenance de
24 mesures, un quartier, trois quarts de verges. Le bois avait une
étendue de 9 mesures, 3 quartiers, 7 verges. Archives d’Hazebrouck.

Extrait du terrier de Deschodt – 1785. Bibliothèque municipale. La motte de l’Hoflande
Après le 6 août 1793, ce château de l'Hoflandt dont le dernier occupant serait le Comte de Bucquière, sera démoli.

Une rare représentation du château disparu extraite de "Ce que racontent les rues d'Hazebrouck" de Jean-Pascal Vanhove







