Les moulins à Hazebrouck autrefois






Les céréales ou blés
Au
XVIII° siècle, on vend par rasières au marché d’Hazebrouck, outre
les fèves et l’avoine, deux sortes de blés :
- Le « blanc bled », ou froment,
(witte terwe), le plus
cher.
- Le
« gros bled » ou blé roux (ru
coorne, ou ruij coorne),
moins cher que le premier.
Selon De Bo, le ru coorne
est « een sort van tarwe met
groot bruin graan en lange halmen » (une sorte de froment à
grand grain brun et longues tiges). On dit aussi
baardkoorn (blé barbu).
Le pain reste un élément essentiel de l'alimentation.
Les boulangers faisaient plusieurs sortes sortes de pain.
Pour la préparation du pain français ou pain salé, les
boulangers utilisaient de la fleur de farine de froment de 1ières
qualité c'est-à-dire une farine de blé froment passée trois fois
dans le tamis fin.
Le pain bis blanc ou pain blanc gris était
préparé avec de la farine de froment de seconde qualité tamisée plus
grossièrement.
Pour faire le pain de troupe, les boulangers se
servaient de farine utilisée dans la fabrication du pain bis blanc.
Ils y ajoutaient de la farine de même qualité mais non blutée :
c'est le pain complet actuel. Très en usage parmi le peuple en
raison de son prix moins élevé, il avait une grande valeur
nutritive; de tous les pains, c'était le plus nourrissant.
Le pain de méteil était fait avec une farine provenant
du méteil, mélange de blé et de seigle.
Les planches de l'Encyclopédie (1763) et de la Description et détail
des arts du Meunier, du Vermicellier et du Boulanger (Paris, 1767)
permettent de suivre les différentes opérations depuis la
préparation du pain jusqu'à sa
vente.
La vignette représente la boutique d'un boulanger et les
différentes opérations pour faire le pain. Un boulanger est
occupé à pétrir. Un autre pèse la pâte.
Deux boulangers sont occupés à former les pains. On aperçoit le
clayon sur lequel on met les pains ronds dans le four.
Le fournier devant son four.


Profil du four

Banneton

Bassin

Coupe pâte

Pétrin

Pelle de bois à enfourner

Pelle de tole pour retirer la braise
Les
moulins de l’est, ou moulins de l’Hoflande :

Extrait du cadastre de 1827 (Archives municipales d'Hazebrouck) un
moulin, rue du Château de l'Hoflandt
Ce sont quatre moulins placés sous la juridiction de la seigneurie
de l’Hoflande. Deux sont au foncier, et les deux autres cottiers.
Trois sont des tordoirs, et un seul un moulin à céréales.
1°
Le long de la Belle straete, ou chemin de Bailleul, un tordoir (oliewindmeulen),
dont nous ne connaissons pas le nom, s’il en avait un. Il est édifié
sur une motte.
2° Le long de cette même Belle straet, mais au croisement de ce
chemin et du Caester voetwegh,
ou sentier de Caestre, un autre tordoir, lui aussi innomé.
3°
Le long de l’Hoflande dreve, ou
Hoflande voetwegh, la
drève ou sentier de l’Hoflande, qui mène de la motte de la
seigneurie à la ville, le fameux moulin de l’Hoflande, Hoflande
meulen. C’est un moulin à froment (terwewindmeulen). Il
appartient au seigneur de l’Hoflande, Comte de la Bucquières. Il est
édifié sur une motte.
4°
Le quatrième moulin est un tordoir appartenant aussi au seigneur de
l’Hoflande. Il est voisin de l’Hoflande meulen.
Les moulins de l’ouest :
1° De Coline meulen, ou
le moulin Coline : sous la seigneurie de Kerckhof. Ce moulin se
dresse le long de sa drève, de
meulen dreve, une voie aboutissant d’une part à la
meulen straete, la rue du
Moulin, et d’autre part à la Sinte Omaere
straete, le chemin de
saint-Omer, par le Cassel
voetwegh, le sentier de cassel.
C’est un moulin à froment,
terwewindmeulen, construit sur motte.
2°
De Dauphine meulen, ou
moulin Dauphine : sous la seigneurie de Kerckhof. C’est aussi un
moulin à froment. Le meunier y a construit une maison à l’usage de
deux occupants. L’hofstede est voisine de la Brasserie de l’Etoile.
3° De Maert meulen :
sous la seigneurie de kerckhove. C’est un moulin à froment. Il est
édifié sur motte à l’angle de la
Maert
meulen straete, le chemin
du Maert meulen, et de la Waelscappel straete, le chemin de Wallon
cappel. Il se trouve à proximité de la
grote
Cassel straete, le Grand
chemin de Cassel.
4°
De Schack meulen, (Schack
peut être un patronyme). C’est un moulin à blés,
cornewindmeulen. Il est
édifié sur motte le long de la
Schack meulen straete,
le chemin du Schack meulen.
De Schack meulen se trouvait à quelques centaines de mètres du
cimetière Saint-Eloi.
Le moulin a été entièrement démonté à partir du 8 mai 1912, à cause de la
concurrence des moulins à vapeur qui s’installaient partout.
Une poutre a été sauvée. Elle portait une inscription en flamand qui
a été heureusement conservée au Musée de Hazebrouck.
Voici cette inscription : “Als god my, Schaak Meule, wil bewaeren
van donder, storm, winden. Ziet hier naer honderd jaeren, ye zal my
nog vinden. V ernieuwt inhet jaer 1548 Ivo Desiderius.”
En voici la traduction : “Si Dieu moi, moulin du Schaak, veut me
préserver de l’orage, de la tempête et des vents, regarde ici dans
cent ans, tu me trouveras encore, restauré (remis à neuf) dans
l’année 1548 Yves Desiderius.
L’expression « Si Dieu moi, moulin... » est extrêmement répandue
dans les constructions flamandes et il faut donc se méfier en
ce qui concerne la date indiquée.
Le moulin du « Schaak » avait dépendu un moment de la Fondation
Warein. Il fut également propriété d’un certain Jérémie Worme. Puis
il passa à la famille Robitaillie dont un lointain ancêtre, né en
1779, avait à Cassel fait tourner le « Standard Meulen » en français
le Moulin de l’Étendard, qui avait été le témoin de la célèbre
bataille de Cassel de 1328.
C’est le père de Paul Robitaillie qui fut le dernier exploitant. Le
moulin à vent n’avait presque plus de clients. La maison actuelle
datant de 1925 serait perpendiculaire à l’ancienne.
La butte du moulin fut entièrement rasée par les soldats anglais
lors de la première guerre mondiale. Tout ce quartier du Schachts
Veld domine la ville. Les Anglais utilisèrent la terre de la motte
pour construire 3 abris fortins à mitrailleuse qui existent
toujours. Sur la pâture à l’orée du Bois des Huit Rues a été établie
la rampe de lancement de V1.
5° D’Ondanck meulen :
le moulin sans merci.
( ?). C’est un moulin à blés, établi sur motte, sous la juridiction
de la seigneurie de la Wissche. Le site du moulin est relié à deux
chemins : D’Ameel straete et Schoonheere
straete.
Le moulin du nord :
Dans le nord de la paroisse d’Hazebrouck, il n’y a qu’un seul
moulin, nommé De Weeke
meulen, sous la juridiction de la Vierschaere. Il est situé
sur motte, au croisement d’un grand sentier,
D’Hondeghem voetwegh, le
sentier d’Hondeghem, et d’un autre sentier innomé. C’est un moulin à
blés. coornewindmeulen.
Les moulins du sud ou moulins du canal
Le canal d’Hazebrouck permettait des transports lourds par voie
d’eau entre Hazebrouck et la Lys de Merville. On comprend qu’il ait
attiré les constructeurs de moulins.
En 1785, il y a le long du canal, quatre moulins, une motte à moulin
abandonnée et une motte à moulin reconvertie, où il est établi un
magasin aux huiles, nommé « Bouteux ».
1° Den Rat (le Rat) :
sous la seigneurie de ‘t Morbeckx, c’est un tordoir situé sur motte
le long du canal, rive gauche en partant du Rivage, au confluent
d’un ruisseau, la Rubecke
, avec le Canal.
2° De Vaert Mulle, ou
Moulin du Canal : sous la seigneurie de Kerckhof.
Il est situé le long du canal, rive droite en partant du Rivage, au
bout d’un chemin nommé De
Vaert straetken (le Petit chemin du Canal), au pied d’un pont.
C’est un terwewindmolen, ou moulin à froment.
3° Den Achtergal, ou le
Rossignol : sous la seigneurie de Kerckhove. Ce moulin est situé
le long du canal, rive droite en partant du Rivage, non loin du
confluent de la Rubecke avec le canal. Il est construit sur motte.
C’est un moulin à froment (terwewindmolen), avec une maison et une grange.
4°
De Vaert Mulle : le moulin du Canal, le second du nom, est
situé le long du canal, rive droite, en partant du Rivage. Il est
aussi au bord d’un chemin, au pied d’un pont franchissant le canal.
C’est le site du Pont des Meuniers. Ce moulin est placé sous la
seigneurie de Merschelst.

Titre de la liste des liens