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Les métiers

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Le meunier : est un personnage important dans le village car c'est de lui que dépendait l'approvisionnement en pain. On lui prête souvent une réputation douteuse.  Sur une rasière, soit 80 kg, le client retrouve 51 kg de farine et 21 kg de son. 8 kg servent à payer le meunier. Certains paysans trouvent que les poules du moulin sont nombreuses et bien grasses ! 

Le travail du meunier c'est aussi la réception des céréales par l'intermédiaire du cache-mannée, l'ensachage de la farine et la mise à jour des comptes et des registres. 

Le métier était dur. Le moulin pouvait tourner 24 heures sur 24 quand il y avait du vent. Il fallait constamment veiller sur lui surtout lorsque il y avait des tempêtes. Le meunier était ainsi un parfait météorologue qui observait très souvent sa girouette. 

Il devait faire attention aux incendies. Un bon meunier n'entasse jamais les sacs de farine lorsque le grain n'est pas assez sec, la fermentation s'y met et allume la toile des sacs.  Le meunier devait chercher le vent en orientant son bâtiment. Ceci fait, il devait habiller les ailes et ensuite mettre en route la machinerie en actionnant le frein. Celui-ci retient les ailes qui convertiront l'énergie cinétique du vent en énergie mécanique. 

Le meunier devait éprouver la qualité de la farine, juger de sa consistance, de son moelleux, de sa blancheur, de sa ténacité et de sa teneur en son. Si l'aspect et l'odeur laissent à désirer, il appelle le rhabilleur de meules. 

L'odeur de la farine n'est pas bonne au début; elle fait tousser, dessèche la gorge. Mieux vaut s'y habituer tout jeune; les bons meuniers "naissent le cul sur les meules!". Certains meuniers finissaient par attraper la silicose. Le métier s'apprenait sur le tas, soit en regardant son père travailler, soit en allant travailler chez un autre meunier. 

Les moments creux étaient consacrés aux réparations et à l'entretien. 

Le meunier communiquait avec le voisinage grâce à la position des ailes de son moulin. 
 

   1. Position en croix grecque : repos de courte durée ou le moulin  travaille. 

   2. Position en croix de St André : repos de longue durée.                               

   3. Position aile venante : heureux événements (baptême, mariage). 

  4. Position aile partante : deuil ou opération de rhabillage des meules en cours.

Sens de rotation des ailes 8 Différentes positions des ailes d'un moulin

 

Le tordeur d'huile : devait surmonter des conditions de travail extrêmement difficiles puisque toutes les machineries étaient mises en route en même temps. Il était donc sollicité constamment soit pour surveiller les pilons, soit pour verser la graine ou encore pour vérifier si l'huile était bonne.  

Le rhabilleur de meules : jouait un rôle prépondérant. Il utilisait la mailloche pour rebattre les meules, la gisante comme la tournante, creuser de nouvelles stries qui pourront à nouveau attaquer le grain et donner de belles farines. On le reconnaissait à ses mains noircies et bleuies d'éclats de  limaille de fer. 

 

Il y avait aussi le maître de forge, le papetier ... mais aussi le constructeur appelé charpentier de moulins et ceux dont la profession était indispensable à la bonne marche de la machine : le rentoileur, le forgeron, le menuisier ... 

Saint Winoc, patron des meuniers 

                           

De tous les saints choisis par les meuniers comme patrons, c’est le seul qui aurait été meunier à un moment de sa vie.

Saint Winoc, Winnoc ou Winok, est né entre 640 et 650 en Armorique, dans le pays de Dol et est mort le 6 novembre 716 ou 717 après avoir évangélisé la Flandre. Il est enterré à Wormhout. Sa fête est célébrée le 6 novembre.

Selon la légende, il est le neveu ou le fils de Saint Judicaël, roi de Domnonée en Bretagne. Il s'expatrie avec 3 compagnons bretons et se serait rendu dans la région de l’actuel Pas-de-Calais où il se serait placé sous la direction spirituelle de Berthwun (saint Bertin), abbé de Sithiu (Saint Omer) vers 662.

 Une de ses missions fut l'assèchement et la mise en culture de terres pour nourrir le peuple. Grâce à son travail, le sol fut cultivé et l'eau, maîtrisée, pût s'écouler, par canaux jusqu'à la mer. Saint Winoc se vit pour sa réussite autorisé à fonder un monastère sur une terre donnée le 1er novembre 695 par le seigneur Franc Heremar, de chaque côté de la Peene à Worom-Holt (Wormhout). Saint Winoc séjourna et prêcha également à Bergues.

Moulin de St Winoc, à Wormhout Nord

La légende veut que saint Winoc devenu vieux, voulant assurer sa part de travail manuel, se vit confier de tourner de ses mains le moulin à bras de son monastère qui fournissait la farine à la communauté et aux pauvres. Il en devint le meunier. Ce travail long et pénible ne lui laissant plus de temps pour ses dévotions, Dieu prenant compassion du vieillard envoya un ange miraculeux faire tourner le moulin, et celui-ci mû par une impulsion invisible rendit de la farine en abondance. Le vieux moine put ainsi consacrer tout son temps à la prière.

L’iconographie a retenu ce miracle et l’imagerie populaire religieuse représente saint Winoc debout, assis ou à genoux à coté d’un moulin. En raison de ce fait miraculeux, il est considéré comme le patron des meuniers de Flandre.

D’autres miracles dans la région lui sont également attribués. Le culte de saint Winoc est également attesté à Plouhinec (Finistère), traces à Briec-de-l'Odet, Combrit, Landrévarzec et Plourin. On retrouve aussi son nom dans Landévennec, anciennement LanToWinnoc. À Plouhinec, l’église consacrée à saint Winoc depuis le 14e siècle, reçut un fragment de relique de Bergues à la suite des fêtes de juin 1900.

 

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